Samedi 21 juin 2008


Je ne serais libre que lorsque mon cœur sera de pierre…


Bien loin de cette salle, dans un autre immeuble, une jeune femme s’apprête à rentrer chez elle.

 

C’est vraiment une magnifique journée que celle qui s’approche désormais de sa fin. Lentement mais si paisiblement. Depuis son lever le soleil trône triomphalement dans un ciel bleu azur. Même pas un nuage pour venir l’ennuyer.

 

Rien ne fait penser à ce qui va se passer sous peu. Si ce n’est ce journal abandonné sur une table basse de la salle d’attente. Erika le regarde en attendant l’arrivée de l’ascenseur, juste en face. Il est toujours aussi lent, celui-là.

 

Encore des disparitions, juste des traces de sang et rien d’autres. Ces affaires ne cessent de faire les unes mais rien n’avance malgré tous les multiples efforts d’une police qui se donne pourtant à fond. C’est tout ce qu’elle a retenu en partant. Des infos qu’elle a déjà lues a plusieurs reprises comme tout le monde. Elle quitte l’immeuble laissant la porte se refermer.

 

Sa maison, enfin, elle est de retour chez elle. Une nouvelle longue journée de travail vient de s’achever. Enfin presque puisqu’elle a dû ramener une tonne de dossiers avec elle. En fait, tout ceux de sa collègue partie en congé de maternité.

 

Elle avait même pensé lui rendre une deuxième visite, étant plutôt bien avec elle, mais aujourd’hui cela ne sera malheureusement plus possible.

 

Tiens ? C’est quoi ça ? L’un de ses dossiers vient de lui échapper et s’écrase lamentablement sur la moquette. Elle se penche pour le ramasser. Et…

 

Bang, tous les autres tombent !

 

Quelle maladroite ! Qu’est-ce ?

 

L’une des grosses enveloppes est singulièrement épaisse, très différente du reste mais Erika n’en tient pas vraiment compte. Ce n’est pas la première fois que l’on dépose des paquets sur le mauvais bureau. Il lui suffira de l’ouvrir pour savoir à qui elle devra le remettre.

 

Encore ! Mais quelle maladroite tu fais, ma pauvre Erika !

 

En l’ouvrant, elle a fait tomber une sorte de pendentif. Par chance, il ne se brise pas. Mais quelque chose l’ennuie. Elle ne sait pas comment, il a pu arriver là. On dirait une sorte de présent. Pour Line ? Pense-t-elle aussitôt. Bon, il doit bien y avoir un mot ! Si c’est pour elle et le bébé ! Je n’aurais plus qu’à lui refaire un autre paquet. Celui-là est vraiment trop moche. Une grimace vers le papier gris. Il est si laid en plus d’être coriace.

 

Et déposant le curieux bijou sur la table, elle se dirige vers la cuisine. Son pied heurte un autre paquet. Encore un ? Cette fois, elle se penche avec précaution.

 

Ce dossier soigneusement fermé ne porte pas de nom. Elle l’ouvre, ne pouvant rien faire d’autre de toute façon. Quelle n’est pas sa surprise en voyant qu’en plus de quelques feuilles manuscrites, il contient aussi une espèce de journal qui lui est personnellement adressé. Mais il y a aussi cette photo.

 

Oubliant tout le reste, elle se laisse tomber dans le premier fauteuil venu et se met à lire. A voix haute. Par chance l’écriture est claire et elle se plonge sans aucune difficulté.

 

Des heures s’écoulent alors que d’autres l’écoutent sans qu’elle ne les sente. Elle se redresse soudain.

 

Non ! Après tout ce temps ! Je l’ai enfin trouvée ! La seule chose qui me manquait !

 

Il ne lui reste plus qu’à agir. Maintenant, elle sait quoi faire. Elle regarde un instant l’objet, le médaillon, qu’elle avait abandonné.

 

Elle s’en saisit et file dans la petite pièce voisine, une sorte d’atelier.

 

Une autre heure s’écoule lorsqu’elle ressort. Elle regarde son œuvre. Tout juste. J’ai eu tout juste le temps. Il ressemble à s’y méprendre au premier. Il ne lui reste plus qu’à le lui ramener.

 

Une grande colline de cailloux. Elle est seule dans ce coin désert mais tout est calme. Arrivée en face de ses drôles de buissons, elle se contente juste de poser l’objet sur le sol. Il saura quoi en faire. Elle attend encore un peu dans l’ombre. Des bruissements et tous ces cadavres de papillons. Le mastodonte est là, il la guette. Elle le sait. Grâce au journal, elle peut enfin le voir. Un geste et elle repart tandis que l’autre émerge de sa cachette.

 

Elle a donc  pris sa décision. Il était plus que temps.

 

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La nuit de la visite est tombée. Le bâtiment, l’hôtel, vient juste d’être fermé au public. La soirée privée débute. Céryan avance doucement. Cette fois, il n’est plus seul. Les siens le suivent. Il repère très vite Alan. Damian se tient à quelques mètres de lui. Tous deux déguisés en serveurs.

 

Ce monstre ne tardera plus à lui donner l’ordre. Celui qui nous manipule depuis le début, Damian et moi.

 

Céryan regarde Damian, impassible dans son costume. Quelque chose s’est de nouveau modifiée en lui. Il n’a pratiquement plus aucune expression. C’est à peine s’il semble vivant. Et pourtant, il suffira que l’autre lui donne l’ordre et tout recommencera. Tant que les deux êtres seront liés, ça continuera.

 

Ce lien. Il n’aurait jamais dû exister et pourtant. Nettoyer. C’est ce que cette pourriture leur ordonne à chaque fois.

 

Une main sur son épaule. L’un de ses fils vient de le secouer. Il est trop tôt pour se faire remarquer. Cette fois, la foule a envahi la salle. Tout ce monde et ce bruit incommodent le géant. Mais il prend sur lui et avance vers les deux hommes lorsque ses yeux croisent une silhouette qui ne lui est pas inconnue. Bérénice, la fausse serveuse est de nouveau face à lui.

 

- Le pendentif ! Elle porte le même pendentif que Damian !

 

S’exclame-t-il ! Mais elle l’évite une nouvelle fois. Elle lui rappelle vraiment quelqu’un mais qui ? Céryan voudrait mais ne peut la suivre. Damian. Si elle a son amulette alors elle doit savoir. Des mouvements quelques mètres devant eux. Ça approche. Céryan fait un signe à l’un des siens pour qu’il suive Bérénice, ne pouvant le faire lui-même.

 

La jeune femme arrive au bas d’un escalier qu’elle monte sans hésiter. Elle gagne ainsi une sorte de scène spécialement aménagée pour la soirée. Pourtant, à bien y voir, rien ne semble normal sur ces planches.

 

Enfin, elle et celui qui vient l’accueillir ont tous deux une vue imprenable sur la salle en contrebas. Il y a d’autres places surélevées un peu partout, aménagée pour quelque spectacle. Aussi personne ne s’étonne de voir deux serveurs s’activer là-haut.

 

Détournant un instant les yeux de la foule, Bérénice se tourne vers Julian, très occupé avec son PC. Ne voulant pas le déranger dans ses ultimes préparatifs, elle dirige de nouveau son regard vers la salle de fête. Elle ne peut cacher son inquiétude, n’ignorant rien de se qui se prépare.

 

Soudain, une voix masculine se fait entendre.

 

- Bérénice ! C’est ce que Damian veut, tu le sais bien !

- Je sais. Mais toi ? Tu es vraiment d’accord avec lui ?

- On n’a plus d’autre choix ! Il vaudrait mieux que tu t’en ailles.

- Non ! Je reste !

- Mais tu sais très bien ce qu’il va se passer dans peu de temps !

- Julian, je dois rester. Pour lui, ça fait si longtemps que j’essayais de le retrouver mais il est trop …

 

Elle ne peut achever sa phrase. Et se tournant de nouveau vers la foule, elle repère le mouvement de Céryan. Il fend la foule se dirigeant vers les deux hommes. Pourtant, elle ne peut le suivre bien longtemps car le timbre grave de Julian reprend. Il lui tend une sorte de disquette.

 

- Tu sais ce qu’il te reste à faire alors ? Le timing doit être respecté à la lettre. Tu es vraiment sûre ?

- Oui ! Je reste !

- Et pour les traqueurs…

 

Elle lui montre son pendentif.

- C’est le sien ?

 

Elle baisse la tête. Il comprend. Il semble si soulagé.

 

- Garde-le précieusement. Grâce à lui, tu seras pratiquement invisible à leurs yeux !

- Et eux ?

 

Elle regarde la foule sous ses pieds.

 

- Ce sont tous des criminels de la pire espèce. Mais même si on le voulait on ne peut rien faire.  Damian et moi, on a tout essayé à chaque fois mais en vain… Il arrive toujours à nous faire plier.  Il nous tient Bérénice. Je ne suis pas encore aussi atteint que Damian mais ça ne saurait plus tarder.

- Mais ?

- Fais ce que nous avons convenus et ce sera peut-être enfin la dernière fois.

 

Elle allait le questionner mais comme Damian, il ne pouvait déjà plus lui parler normalement. Pourtant c’est lui qui reprend.

 

- Et le journal ?

- Il est là où tu le souhaitais. Et Damian n’en sait rien. Mais dis-moi. Pourquoi le donner  à cette fille en particulier ? Surtout avec la menace de cet Alan !

- Je ne peux pas te le dire. C’est trop dangereux. Si tout fonctionne comme prévu, il n’aura bientôt plus aucune prise sur nous, une fois cette soirée finie.

 

En contrebas, tout se déroule dans un calme relatif. La salle est bondée. Des dizaines et des dizaines de personnes discutent. Parmi eux, Alan se tient à l’écart, ne lâchant pas Damian des yeux. Dès qu’il lui aura donné l’ordre de lancer les traqueurs sur la foule, il se rapprochera de lui. En cas de besoin, il pourra même s’en servir comme d’un rempart. 

 

Et de son côté Damian ne détache pas ses yeux d’Erika. Il l’a reconnue tout de suite. Elle est entrée en même temps que lui. Sans qu’il ne dise rien alors qu’elle a voulu, qu’elle a failli le tuer. Elle et non Alan comme le pensait Céryan. Pourquoi est-elle revenue ? Elle devrait savoir que jamais Alan ne le laisserait mourir si facilement.

 

Bérénice lui avait pourtant dit de ne pas rester ici. Ça ne servirait à rien.

 

Intrigué, il s’avance vers elle, profitant de l’éloignement momentané de son maître.

 

- Que faites-vous ici ?

 

Pour tout réponse, elle lui tend une sorte de feuille. Il la parcourt du regard. Pas d’expression rien. Il agit exactement comme un automate. Il ne réagit même plus malgré ce que ces yeux déchiffrent. Pourtant, il a compris. Il a tout compris.

 

- Ce journal, c’est le votre, je le sais.

 

Il se détourne, sentant le regard d’Alan posé sur lui. Il se rapproche dangereusement. Il allait s’éloigner mais elle le retient profitant du passage d’un groupe d’hommes en pleine discussion.

 

- Votre plan. ..

- Que ?

- Il va réussir mais pas avec les conséquences que vous pensiez. Quelque chose est venu perturber le système.

- Quoi ! Vous avez…

- Il fallait bien que je fasse quelque chose. Surtout maintenant.

- Je.. Excusez-moi, je dois partir.

 

Il aurait bien voulu parler un peu plus auprès d’Erika, essayer de savoir mais Alan vient de lui faire un geste. Il doit maintenant se tenir sur ses gardes et attendre. Attendre l’ordre.

 

La pseudo serveuse s’éloigne. Elle sait qu’elle ne peut plus rien empêcher. Elle a échoué mais elle sait que ce sera la dernière fois que les traqueurs agiront sous les ordres d’Alan par l’intermédiaire de Damian.

 

Elle lève la tête vers les différentes scènes, réparties un peu partout dans la salle et repère aussitôt Bérénice. Elle est assez loin et ne peut l’entendre mais elle savent toutes les deux ce qui ne va plus tarder à arriver.

 

Comme à chacun de ses rassemblements où s’invite Alan.

 

Aucun de ces gens ne sait qui est vraiment ce jeune homme, plutôt séduisant, habillé comme un simple serveur. Pas plus que Damian, son instrument fidèle. Elle les contemple et ses poings se serrent. Elle voudrait tant les faire arrêter mais face à Céryan qu’elle peut enfin contempler, elle sait désormais qu’elle est complètement impuissante. 

 

Bérénice, rejoindre Bérénice. C’est tout ce qu’il lui reste à faire maintenant. Les escaliers l’attirent comme un aimant. Elle traverse la foule. Les odeurs, les mélanges de parfums parfois si lourds l’écoeurent. Mais que m’arrive-t-il ? C’est comme si la foule elle-même perdait de sa consistance. Ne ressemblant plus qu’à un rassemblement d’ombres incertaines marchant dans une sorte de brouillard. Elle est presque prise de nausée en gravissant les marches. Une porte transparente, pratiquement invisible s’ouvre. Elle hésite à entrer mais Julian l’empoigne la forçant à rentrer dans la pièce avant de refermer la porte.

 

- Qui êtes-vous donc ? Pour qu’il nous demande de vous remettre...

- Plus tard !

 

Répond-elle un peu trop durement à Bérénice. Les deux femmes se dévisagent. Puis une sonnerie se fait entendre. Plantant là Erika, Bérénice se précipite vers la tour. Quelques instants plus tard, elle insère sans hésiter la première disquette. Restée seule, l’autre femme se met à recherche Damian du regard. Ça y est. Elle l’a repéré. Il semble avoir un sursaut. Bref mais visible. L’ordre. Il l’a reçu. Ça ne peut être que cela. C’est la deuxième fois qu’elle assiste à ça. Elle regarde cet homme. Il est si jeune, elle l’avait imaginé bien différent, un peu comme un tueur, un assassin. Alors qu’il n’est en fait que la première victime de toute cette histoire. Témoin impuissant de sa propre agonie, il a perdu un à un ses sentiments juste après sa volonté. Jusqu’à devenir cet étrange génie aux ordres d’un fou criminel. Un outil ou plutôt un détonateur entre les mains d’Alan. Nettoyer ! L’ordre venait d’être donné ! Un ordre pour tuer en se servant des traqueurs, ces êtres inconnus de tous. Elle regrette tant de s’être trompée de cible. Si seulement, elle avait visé ce monstre d’Alan et non ce malheureux Damian, elle n’est serait peut-être pas là.

 

Un clic bref ! La deuxième disquette vient d’être insérée. Aussitôt, le système de sécurité s’enclenche en silence, verrouillant en tout premier les portes. Tout juste un bruit de moteur, noyé dans le brouhaha général.

 

- Tout est serré maintenant. On ne pourra plus sortir avant la fin.

 

Après avoir dit cela Bérénice se laisse glisser sur les fesses et se replie sur elle-même. De son côté, Erika voudrait bien savoir ce qu’il se passe. Surtout qu’elle vient de se rendre compte qu’elles ne sont plus deux sur cette scène, subitement insonore.

 

Elle se tourne vers Bérénice, prostrée sous la table. Et comprend. Sa réaction est suffisamment éloquente. La mort arrive sous les traits des traqueurs.

 

La mort pour presque tous. Puisque sur l’ensemble des convives réunis en cette salle, seuls Alan et Damian devraient normalement être épargnés par Céryan et les siens.

 

Un peu à l’écart de la foule, Alan guette le jeune homme. Damian ne bouge pas comme à son habitude. Il voit juste les formes, les corps des pires criminels de ce pays, tomber autour de lui mais quelque chose cloche. Déjà à plusieurs reprises, ils ont failli s’en prendre à son jouet. Et lui ne bouge pas, ne réagit pas.

 

- La peur a fini, elle aussi, par disparaître de moi, Alan !

 

L’intéressé sursaute au son de cette voix.

 

- Qu’est-ce que tu veux dire ?

- Je ne suis plus humain depuis si longtemps, Alan ! Tu as réussi à annihiler tous mes sentiments en plus de presque toute ma volonté. Mais tu as quand même fini par faire une petite erreur ! Puisque tu as aussi réussi à détruire totalement ma peur !

- Que veux-tu dire ?

- Mon cœur est peut-être devenu de pierre pour toujours mais, comme je viens de te le dire, je n’ai pas totalement perdu ma volonté. Elle me revient parfois… comme maintenant !

- Que veux-tu…

- Je peux toujours leur parler mais je n’ai plus de protection contre eux. Ils ne me reconnaîtront plus.

- Quoi ?

- Tu as compris.

 

Le ton est neutre, dénué de toutes émotions et pourtant il glace le sang par sa seule signification. Son propre arrêt de mort. Alan pâlit soudain. Contrairement à son esclave, lui peut ressentir la terreur à l’idée d’être cerné par les traqueurs sans espoir de fuite.

 

- Espèce de …

 

Sentant la présence de ces êtres trop rapides pour vraiment les voir, Alan tente de fuir. Il bouscule avec brutalité Damian et court vers l’une des portes verrouillées. La clé ! Il l’a toujours sur lui et par chance, elle fonctionne encore, malgré le système de sécurité. Il s’effondre presque dans la pièce voisine, une sorte de bureau de surveillance, alors que la cloison se verrouille après s’être refermée sous un coup sec.

 

Resté seul, Damian regarde les derniers corps tomber. Cette fois encore, tous gisent sur le sol. Il ne pouvait rien faire de toute façon pour eux mais étrangement, il sentit quelque chose  de différent.

 

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La porte lourde s’est refermée. L’issue de secours. Il en a toujours une dans chacune de ses pièces. Il a gagné un répit mais il est quand même grand temps de songer à quitter cet endroit.

 

Rien ne va plus ! Ce n’est pas normal. Damian ! Il a retrouvé comme un semblant de volonté ! Alors que tous ses sentiments ont disparus ! Il a fini par m’échapper !

 

S’installant à l’un des ordinateurs, Alan se connecte et voit les derniers évènements. Des formes allongées sur le sol baignant dans une sorte de brouillard. Céryan et ses semblables sont là, entourant Damian qui ne bouge même pas alors qu’ils dépassent tous les deux mètres et semblent couverts de sang.

 

Quoi ! Il est encore en vie ! Mais plus pour longtemps !

 

Pense-t-il en voyant les formes se rapprocher. Soudain son attention est attirée par une autre forme se déplaçant dans le champ. Une femme avance vers lui ! Elle progresse sans encombre au milieu des corps et elle n’est pas seule.

 

Arrivée auprès de Damian, Bérénice pose sa main sur son épaule. Et toujours aucune attaque. Quoique les traqueurs sont toujours là, griffes toutes déployées et bien rougies.

 

Mais elles sont toutes les deux humaines !

 

Enrage Alan. Il allait faire pivoter l’une des caméras lorsque tout s’éteint. Plus aucun des postes ne fonctionne. Il se lève, furieux, il vient de tout perdre en une fois. Sa main frappe un tas de papier sur l’un des tables et en voulant taper de nouveau dessus, son regard tombe sur une écriture très connue du jeune homme.

 

Damian ? Son journal ? Il l’a laissé ici !

 

Il le ramasse. Ses yeux le parcourt avec intérêt. C’est bien le journal de Damian. Ce traître avait bien fini par trouver un moyen de s’en tirer mais il ne pouvait y arriver seul.

 

Alan est pris d’une envie folle d’hurler mais il ne peut le faire. Pas avec ces montres tueurs encore dispersés un peu partout dans l’ensemble du bâtiment. Il vient de perdre le contrôle de Damian et en même temps, celui de Céryan. Et ces deux femmes y sont certainement pour quelque chose.

 

Grâce au contenu de ce cahier, il pourra sûrement en apprendre un peu plus sur toute cette affaire. Mais pour le présent, il doit d’abord penser à se sortir de là.

Quoique pour l’instant, il ne puisse rien faire d’autre qu’attendre le lever du jour. Le moment où tous ces monstres repartiront d’eux-mêmes.

 

Cette femme, Bérénice, Damian lui a laissé son talisman, sachant qu’il allait en mourir. En plus, elle évolue librement au milieu des traqueurs. Donc en toute logique, elle devrait s’en sortir. Mais est-ce qu’elle pourrait aussi ?

 

Au terme d’une attente interminable, le courant revient enfin. Tout est de nouveau désert. Il peut enfin ressortir. Le journal. Ne surtout pas l’oublier !

 

Il jette un œil à l’une des dernières phrases.

 

Je ne serais libre que lorsque mon cœur sera de pierre…

 

A croire qu’il avait aussi des prémonitions pense-t-il en refermant l’épais cahier. Damian a préféré se laisser mourir avec ses victimes. Mais, ces deux femmes, elles, sont certainement encore en vie. 

 

Et déverrouillant la porte, il quitte les lieux sous un soleil éblouissant !

 

 

 

 

par Liry publié dans : Nouvelles communauté : SFFF
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