Et maintenant, un peu de fantastique pour frémir.
Un humain et un traqueur, deux esclaves, deux êtres voulant s'échapper quelque en soit le prix...
Cette nouvelle a spécialement été écrite pour le concours Oniris suivant une trame imposée...
pour le règlement, suivez le lien :
http://www.oniris.be/modules/news/article.php?storyid=38
Et maintenant, entrons dans le vif du sujet...
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Je ne serais libre que lorsque mon cœur sera de pierre…
Gris, fin et si désagréablement collant, tel est l’agresseur qui ne cesse de le tourmenter depuis son arrivée. Et revoilà une nouvelle charge, un autre de ces nuages secs qui ne cessent de vouloir l’étouffer. En vain, tant il semble lourd et faiblard lorsque le vent le délaisse. Si insignifiant qu’il n’a même plus la force de ralentir ses pas, arrivant tout juste à le gêner.
Arrivé au premier croisement, Damian s’arrête. Il respire à fond dans l’air froid avant de passer une main rapide sur son front souillé de poussière. Quoiqu’il sache parfaitement qu’elle reviendra aussi vite s’accrocher à lui, cette peste volante. Soulageant un moment, son épaule droite lourdement chargée, il s’interroge sur la route à suivre, le meilleur chemin dans cet ensemble de collines ne dégageant qu’une sombre froideur toute minérale. Qui sait ce qui a pu se passer depuis la dernière fois ? D’autres changements ?
Ses yeux depuis longtemps accoutumés à la pénombre ambiante contemplent sans ciller une seule fois le triste paysage qui s’étale devant lui. Enfin, ce que la nuit sans lune ni étoiles veut bien lui en laisser voir. Des collines de cailloux, de gravas qui seraient encore désespérément sinistres s’ils n’y avaient les bouquets de Buddleia pour y apporter au moins une douce note de vie. Ça me conviendrait assez s’il n’y avait cette fichue poussière. Se surprend-il à penser un sourire dur aux lèvres.
Et voilà les vents qui se remettent de la partie comme si cette saleté de nuage grisonnant n’y suffisait déjà pas. Il étouffe un juron en reprenant sa charge.
Sous les coups redoublés de tous ces éléments, sa virée nocturne devient particulièrement ardue et pourtant, il continue à avancer. Pas à pas, sans se plaindre. Juste progresser en redoublant d’efforts. Ne pas ménager ses forces semble être devenu son mot d’ordre. A tel point que pont malgré l’atmosphère glaciale l’enserrant comme un étau, il se retrouve très vite trempé de sueur.
Soudain, il commence à chanceler, ses poumons et son cœur se mettant à leur tour de la partie. A croire que toutes les forces de la nature, même celles de son corps, se liguent contre lui. Tout pour l’empêcher de se rendre à cette foutue rencontre. Lui aussi le voudrait tant mais il n’a guère le choix. Cela fait si longtemps que sa volonté, son esprit de révolte, s’est évanouie et qu’il ne peut plus se sortir de cet horrible piège.
Une nouvelle rafale. Cette fois, elle est si forte qu’elle déséquilibre. Déstabilisé, il pose son pied sur une pente plus qu’instable et il dérape à plusieurs reprises avant de retrouver enfin un sol plus ferme.
Ramassant son sac, il le recale sans un mot sur son épaule. Un œil noir sur ce qu’il devrait normalement traverser sans encombres. Mais la nuit est si sombre qu’il n’en devine même pas le fond. Aussitôt, sans qu’il ne sache pourquoi, une image s’impose à lui. Une forme, un souvenir, il lui en reste quand même, remontant à son enfance.
Entonnoir de sable blond… Au fond, attend le fourmilion. Tapis au bas de la pente, il…
Espérant chasser ce relent de mémoire inopportun, un peu trop lointain, il secoue la tête. Il se met même à en rire. Qu’est-ce que ça peut lui faire ? Qu’il ressurgisse donc s’il le veut tellement ! Pour disparaître aussi vite !
Chasseur au fond du trou, attend sa victime. Entonnoir invisible dans la nuit, piège de sable blond, tiens non, il est gris, cette nuit ! Attrape celui qui glisse au fond…le fond que je ne vois même pas…
Il prend une poignée de cailloux et de poussière et s’amuse même à la laisser filer sur les courants sombres. Avant de la perdre de vue.
Terre traîtresse, c’est vrai, très amusant mais tu te trompes sur toute la ligne, ma belle triste. Ce n’est pas en bas mais en haut de l’une de ces glorieuses collines des hommes que je dois le rencontrer. Au moins, là-haut, même toi, tu ne pourras venir nous déranger.
Il relève alors la tête, toute envie de rire le quittant brutalement. Un de ses rares éclairs de lucidité s’ensuit alors qu’il voit un autre de ses sentiments se tarir. La peur, c’est sa peur elle-même qui commence à le fuir. Mais jusque où cela se poursuivra-t-il ? Combien de sentiments perdra t-il encore à chacune de ses rencontres avec eux, avec lui ?
En parlant de lui, il devient urgent de se remettre en route. Au moins, s’il veut arriver avant le lever du jour.
Et revoilà le vent, capricieux comme toujours, puisque, maintenant, c’est vers le haut qu’il le pousse, vers ce lieu précis. Il y est enfin. Il s’arrête, quelques minutes, droit, immobile, sous la lourde chape que retient si jalousement un ciel plus que menaçant.
Et pendant qu’il reprend son souffle, inspirant et expirant à fond, deux yeux de braise le suivent, le guettent, ne le lâchent pas d’une semelle. Pour l’instant, leur propriétaire ne se manifeste pas. Il se contente de patienter sous les chants maintenant grinçants des vents.
Il ne le prévient même pas de sa présence. Il sait que c’est inutile. Cela fait si longtemps qu’il connaît Damian.
Alors, tu te décides. Je sais que tu es là. Tes mouvements, même infimes, te trahissent toujours autant.
Damian ferme un moment les yeux, tentant d’imaginer la forme recroquevillée sous les branches surchargées de fleurs des Buddleia. Un sourire narquois lui échappe malgré lui. Ce cher Céryan. Je le reconnais bien là. Il s’est gardé la seule source de beauté de ce charmant petit endroit.
Il attend encore un peu avant de s’avancer, son pendentif suspendu à son cou. Puis les éclats félins des yeux de l’autre accrochent son regard. Deux terribles prunelles brillant sous la masse des panicules, saupoudrée de terres grisâtres, et pourtant si agréablement parfumée. Bientôt tout sera terminé se répète l’énorme traqueur. Mais lui, Damian, que lui restera-t-il ? Sera-t-il ? Non est-il seulement encore humain ? Avec tout ce qu’il perd à chaque fois ? Même le dégoût du début n’est plus qu’un lointain souvenir, oublié au fond de sa mémoire. Enterré sans espoir de retour. Comme presque tous ses autres sentiments. Mais une chose est pourtant sûre pour lui comme pour moi. Cela doit finir. D’une façon ou d’une autre. Sinon, il ne nous restera vraiment plus rien.
Les deux mâles s’observent. Céryan se cache encore mais Damian peut le comprendre. C’est toujours très risqué pour le chasseur nocturne de se montrer. Pourtant, jamais le jeune homme ne le maltraiterait, d’aucune façon que ce soit.
Une note de parfum vole vers lui et sans un bruit, Damian s’avance. Lentement, comme le sphinx attiré par une lueur dans la nuit. Au terme d’une courte marche, il dépose avec précaution son sac sur le sol, sur une sorte d’épais tapis de branches.
Le signal convenu entre eux. De toute façon, il leur est impossible de communiquer de vive voix. Tout échange de paroles est impossible entre les deux êtres, leurs sens respectifs étant bien trop différents. En plus, Céryan est plus que méfiant, et sans cette combinaison de sons et de gestes, ce code plus que subtil, il ne se laisserait même pas approcher.
Son présent déposé, Damian retourne sans se presser à son point de départ. Il avise un autre bosquet de Buddleia. Céryan a vraiment bien choisi son coin. Comme à chacune de leur rencontre. Se sentant soudain oppressé, il se défait de son lourd manteau avant de le jeter mollement sur les premières grosses branches venues.
Le temps tout cela se passe, une forme imposante, semblant presque humaine, en a profité pour émerger de sa cachette avant de s’asseoir le plus naturellement du monde devant le sac entrouvert. Puis, un semblant de salut plus tard, il en retire ce que son mystérieux visiteur lui a offert. Ne perdant aucun de ses gestes, celui-ci se rend vite compte que tout est à son goût.
Pourtant il le voit remuer et se déplacer, plongeant de nouveau dans l’ombre. Il allait se lever lorsqu’un souffle froid lui offre un début de réponse. Le vent s’est levé, lui amenant le léger parfum des fleurs mêlé aux odeurs de viandes. C’est donc ça. Il veut juste se mettre à l’abri de ce vent souillé de gris. Damian soupire. Car même si le geste de Céryan est compréhensible, il ne va certainement pas lui faciliter la tache.
Enfin, surprenant l’éclat cuivré des yeux de Céryan ainsi que l’apparition des premières étoiles dans un ciel un peu moins sombre, il se décide quand même à délivrer son message. Autant y aller maintenant, sinon, on n’aura pas fini avant le lever du jour. Un geste vers son manteau et il en dégage un jeu de courts bâtons voilés, légèrement lumineux. Les seules choses dont il a besoin pour transmettre efficacement le but de sa nouvelle visite.
Et de son côté, l’autre suit le tout, n’en perdant pas une miette. Plusieurs papillons approchent du colosse entouré de fleurs mais tombent dès qu’ils franchissent un étrange limite. Céryan ne s’en soucie guère. Quant à Damian, il ne peut même pas les voir d’où il est.
Voilà, le jeune homme en a terminé. Et son message est parfaitement passé. L’absence de réaction de Céryan étant déjà une réponse en elle-même. Il a tout compris et lui répondra dès que son repas sera fini.
Une nouvelle visite. Une nouvelle sortie, une traque obligée. Que Céryan espère bien être la dernière. Autant pour lui et les siens que pour ce jeune homme, Damian.
Quoique le géant ne voudra sans doute jamais reconnaître son inquiétude à l’égard de cet étrange humain.
Le temps s’écoule, rythmé par la danse des branches sous les accords parfois furieux des vents. De son côté, Damian en a profité pour s’asseoir et se préparer à recevoir la réponse de Céryan. Car contrairement à ce dernier, il est incapable de suivre l’ensemble de ses gestes au moyen de ses seuls yeux, surtout de nuit.
Voilà, il est prêt, ses jumelles à la main. Il ne lui reste plus qu’à se réinstaller confortablement bien à l’abri du vent sous l’épaisse toile de son manteau.
Je sais tu ne pourras plus jamais me parler aussi sincèrement qu’avant. Déchiffre d’abord Damian au travers de ses gestes. Cette fois, il a bien failli te faire tuer.
Céryan le regarde un moment, à la recherche d’une réaction, du plus petit indice sur le visage pâle de Damian. Mais rien ne se dessine. Il attend encore un hypothétique changement d’expression mais rien ne se passe.
Il ne veut pourtant pas abandonner et persévère. Ainsi au terme d’autres allusions muettes, il surprend enfin une réaction, un indice sur les évènements de leur précédent voyage. Evènements dont Damian refuse de lui parler, malgré tous ses efforts pour en savoir plus, s’obstinant à n’évoquer que le futur, leur avenir proche.
Pour en revenir à cette réaction. Ce n’est guère qu’un geste. Court geste mais si révélateur. En fait, Damian a porté sa main sur sa gorge et la masse sous le tissu de son col sombre. Maintenant, la plaie est presque totalement refermée. Mais il s’en était vraiment fallu de peu. Et je ne veux plus en parler. Lui fait-il ensuite comprendre. Céryan se résigne. Il ne saura rien d’autre. Du moins, pour cette nuit. Autant revenir au but de leur rencontre, leur prochaine visite, sa prochaine chasse.
Ses mains empoignent de nouveau les outils qu’il avait un instant délaissés pour mieux se concentré sur les réactions du jeune homme, de longs bouts d’os que le colosse a soigneusement sculptés lui-même.
Un nouveau changement de direction et le vent balance une belle vague de poussière sur. Damian qui se met à tousser. Se reprenant, il regarde un moment Céryan avec le reste de viande devant lui, juste quelques miettes, se demandant comment il a encore pu réussir à se goinfrer à ce point après tout ce qui leur est arrivé. A cette pensée, la nausée menace de le submerger. Assez surprenant, vu que cela devient si rare chez lui.
Le gigantesque traqueur le regarde d’un air étonné. Lui n’est vraiment pas prêt de perdre son appétit. Jamais cela ne lui arrivera malgré tout ce qu’il s’est déjà passé depuis leur première rencontre.
Tout comme Damian, il n’a guère d’autre choix, ne pouvant qu’obéir à cette sale ordure, même si ses ordres leur déplaisent à tous deux. Ils ne peuvent ni faire marche arrière, ni fuir. Mais il faudra bien pourtant que cela finisse un jour. Céryan ne sait pas comment mais cela se terminera et peut-être plus tôt qu’il ne le pense. Des mouvements près des buissons.
Ça y est, Damian s’est repris. Le mieux est sans doute d’en rester là pour cette nuit, pour ce qu’il reste de raison, de santé mentale, au jeune homme.
D’accord, j’ai bien compris le message et cette fois encore je serais là. Mais toi, il te faudra faire très attention. Frappe-t-il.
Son correspondant baisse la tête en signe d’assentiment. Puis sur de derniers échanges, cette fois de politesse, les deux êtres se séparent. Leur prochain rendez-vous est fixé. Damian s’en est assuré et cette fois, ce sera peut-être enfin le dernier.
L’imposant Céryan, il dépasse largement les deux mètres, le regarde s’éloigner sans un mot. Pourtant, il ne peut se résoudre à l’idée de le laisser repartir seul au milieu des bêtes sauvages, de tous les autres dangers. Pas avec tous ces changements qui ne cessent de s’aggraver en lui. Mais il y a aussi une autre raison à cela. Aussi après avoir laissé passer quelques longues minutes, il se met à le suivre.
Une longue marche plus tard et le jeune homme se retrouve sur le bord de la route. Il inspecte rapidement les alentours, puis, rassuré, se dirige vers sa cachette et en dégage sa moto. Céryan respire, il peut donc encore sentir la peur. Même si elle n’est plus qu’un filet de sentiment. La peur ? Et peut-être aussi d’autres choses ?
Damian remue, poussant Céryan à se concentrer davantage sur lui. Un calepin, il sort une sorte de cahier de la poche de son manteau.
Les traits du traqueur se détendent en le voyant écrire à toute vitesse. Il est heureux de savoir qu’au moins quelques-uns de ses conseils ont trouvé un écho dans sa tête pourtant si dure, si perturbée. Qui sait ce qu’il peut leur arriver ? Ce journal leur sera sans doute plus utile que quoi que ce soit d’autre, au cas où.
Le jour pointe lorsque le moteur se met en route. Un dernier regard vers la route qu’emprunte le motard et Céryan remonte vers sa cachette alors que l’autre a disparu depuis déjà longtemps de son champ de vision.
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Plusieurs jours se sont écoulés depuis cette étrange rencontre. A son habitude, Céryan se rend les lieux de leur future visite. Tout y est encore désert. Il lève la tête, embrassant le décor d’un regard inquisiteur, plus que perçant.
C’est immense mais pas assez pour l’inquiéter. Il en a vu d’autre. Et puis, une fois sur place avec les siens, cela lui paraîtra sans doute bien petit. Il se remet en route, continuant son inspection, sans même se soucier des quelques personnes s’activant autour de lui. D’ailleurs, celles-ci sont toutes si absorbées dans leurs taches respectives qu’elles ne le remarquent même pas malgré sa carrure plus qu’impressionnante. Grand et puissant, tel est Céryan. Une vraie montagne de muscles.
Et pourtant nul ne se retourne sur lui même lorsque les rayons du soleil viennent le frapper, projetant traîtreusement son ombre sur le sol. C’est l’un de ses plus incroyables tours de force, passer totalement inaperçu lorsqu’il le faut vraiment. Seulement, au premier vrai contact, comme avec Damian, tout s’efface et il apparaît au grand jour.
Enfin, pour l’instant tout se passe comme prévu. Il est tout simplement entré et avance au milieu des gens. Et à moins qu’il ne le veuille, personne ne le verra. Mais ce ne sera pas pour aujourd’hui. Il veut juste explorer les lieux à son aise et surtout le trouver, lui. Lui, la seule personne qui l’intéresse vraiment dans cette salle immense. Et il est là depuis le début. Là dans la même salle que lui. Quelque part parmi au milieu de ces gens.
Lui au moins devra le voir tel qu’il est. Céryan le veut. Il veut lui faire comprendre ce que les autres ressentent lorsqu’ils le découvrent avec les siens comme surgissant de nulle part. Il le veut tellement, tant sa colère le ronge. Une seule fois avant ce qu’il espère être leur dernière visite. Il veut le rencontrer au moins une fois malgré l’objection de Damian et des autres.
Comme si j’étais incapable de …
Des mouvements. Voilà que l’objet de ses pensées les plus noires avance vers lui.
Il est presque à sa hauteur mais Alan refuse le contact. Alan, Céryan ne sait de lui que son nom. Il ne l’a même jamais vu avant. Ce qu’il connaît de lui, il l’a déchiffré dans le journal de Damian. Ces quelques feuillets ne comprenaient aucune véritable description mais Céryan est parvenu à comprendre les écrits de son étrange associé. Et puis, il a un autre atout dans sa manche. Quelque chose que personne ne peut savoir, sinon lui. La blessure de Damian.
Ce sale esclavagiste a tenté de soigner le jeune homme lors de leur dernière mission. Et cela lui a laissé une trace très particulière en souvenir. Une marque que seul Céryan, ou un membre de son clan, peut reconnaître. Et dans ce cas, le doute n’est jamais permis. Il l’a enfin trouvé. Celui qui les manipule tous les deux. Et il est là, à quelques pas de lui.
Mais il ne se laisse pas approcher davantage. Car brusquement pris de frissons, Alan s’éloigne le plus vite possible de lui. Se mettant hors de portée. De toute façon, Céryan ne peut rien faire. Cette ordure a encore de quoi se protéger sur lui.
- Aurait-il surpris ma présence ?
Céryan s’éloigne. Il ne peut prendre le risque de se trahir. De son coté, Alan se dirige vers l’une des tables tout en guettant le géant. Etrange songe Céryan alors qu’il refuse obstinément le contact. Son maître ne le quitte d’ailleurs pas des yeux en avançant vers l’une des tables.
Ne faisant plus vraiment attention aux autres, il manque de peu de bousculer une jeune femme habillée en serveuse. Bérénice s’empresse de s’excuser auprès du traqueur avant de s’éloigner en direction de cette pourriture d’Alan.
Le colosse allait partir mais il se ravise et décide de rester là, à observer la suite. Cette femme, il ne sait pourquoi l’attire.
Elle s’arrête devant sa table et lui remet une sorte de paquet avant de s’éclipser sur un geste sec du jeune homme. A le voir, il ne semble guère plus âgé que Damian, peut-être 25 ans.
Puis son attention se reporte sur la femme. Bérénice, le prénom brodé sur la poche de sa veste. C’est tout ce que je sais d’elle. En plus du fait que visiblement, elle ne connaît pas cet Alan, elle non plus.
De son côté, Bérénice s’empresse de quitter cette pièce. Elle ne sait pourquoi mais quelque chose de malsain plane dans l’air. Cet homme ne la rassure guère. Et que penser de l’autre, l’espèce de mastodonte qu’elle a failli heurté de plein fouet ? Elle ne les avait jamais vus et elle espère ne plus jamais le revoir. Le pire est qu’elle va devoir repasser devant l’autre brute. Arrivée à sa hauteur, elle frôle le mur, en lui faisant un geste de salut. Céryan lui répond d’un mouvement de tête et la laisse partir sans un geste.
De toute façon, ce n’est pas elle qui l’intéresse le plus. Même si sa façon de le regarder l’intrigue. Comme si elle savait. Il est temps pour moi aussi de repartir. J’ai repéré celui que je voulais. Son patron, son maître, qu’il dévisage une dernière fois avant de sortir.
C’est vrai, on doit encore faire tout ce que tu veux mais plus pour longtemps.
Enfin, il est à la sortie. Un des employés, sans doute un gardien, le suit. Mine de rien, il le laisse faire… ce n’est pas cette brute qui va réussir effrayer un monstre comme lui.
A suivre...
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