Bonjour, voici mon dernier dessin aux crayons de couleurs.Un elfe pour ma soeur.
A plus tard
Liry
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Bonjour, voici mon dernier dessin aux crayons de couleurs.Elle lui tend un grand sac que Maureen n’avait même pas remarqué. Mais pas la peine de s’en faire, sa compagne s’offre de lui fournir toutes les explications nécessaires avant qu’elle n’ouvre la bouche.
- C’était dans ce qu’il restait du coffre de votre voiture. On les a récupérés avant les autres. C’est à vous, non ? Alors, on n’allait pas les laisser à la portée du premier voleur venu. Le temps que les autres se déplacent, votre épave risque de rester ainsi pendant au moins deux jours. Et qui sait qui passe par-là ? On en voit parfois de drôles d’oiseaux ! Dites-vous que vous avez au moins eu de la chance sur ce point-là.
La svelte rousse s’assied un moment, le sac ouvert dans les mains, se demandant si elle avait bien compris les paroles de Mégane.
Dans le coffre ? Mais ? Tout était vide ! Il ne restait rien ! Sans la plaque, je n’aurais même pas reconnu ma propre voiture. Dire que j’ai sué sang et eau pour elle.
Elle revoit sa joie, au moment où elle avait enfin pu se l’offrir. Son premier véhicule ! Une occasion tout ce qu’il y a de plus banale mais dont elle était si fière. Bizarrement, tout lui paraît encore si net. A croire que seul l’accident s’est effacé. Rayé comme les ifs et les genévriers. Puis, elle sort une première blouse et l’examine. La brune reprend. Un ton joyeux ? Elle aurait donc décidé d’être du voyage ?
- Vous voyez. C’est bien à vous, non ? Exactement vos mesures, et votre nom y est même brodé. Avec art.
Voilà autre chose s’amuse Maureen en regardant l’ouvrage. En fait, tout ce dont elle est capable avec une aiguille, c’est, et encore avec difficulté, de faire passer le fil dans le chas. Et en plus, je couds si bien que ma mère ne peut s’empêcher de tout refaire derrière moi. La honte !
- A croire que c’est tout ce qu’on a bien voulu vous laisser avec ça.
Fouillant cette fois dans son propre sac à main, Mégane lui tend autre chose.
- Tenez vos papiers.
Maureen prend l’étui de cuir en main, ne sachant que penser avec toutes ces choses qui réapparaissent sans crier gare. Hier encore, à la même heure, il ne lui restait plus rien, hormis sa lampe et la clé de contact.
- La clé ! Où est ma clé ?
Elle la retrouve sur la table de nuit. Quelle idiote ! Qui volerait une chose désormais aussi inutile et en plus laide et abîmée. Mégane s’absente un instant, le temps de la laisser se changer.
Dehors, le vent vient maintenant de se joindre aux assauts de l’eau. Décidément, la nature ne semble pas vouloir s’avouer vaincue.
L’air et l’eau s’unissant contre les autres…
L’herbe et la roche vinrent ensuite à leur rencontre …
Puis arriva le temps de la fin pour les …
- Quoi ? Mégane ? C’est vous ?
Elle se tourne vers la porte. Fermée, depuis combien de temps sa sauveuse s’est-elle éclipsée ? Juste cinq minutes peut-être.
Quel est cet étrange refrain qu’on vient juste de lui susurrer à l’oreille. Elle aimerait tant en parler avec Mégane, la seule à ne pas la considérer comme une attraction, l’intrigante accidentée de la route. Mais elle ne semble pas prête de revenir.
Des minutes, des éternités plus tard et la brune joviale réapparaît, portant, en plus de quelques provisions, une solide réserve de boissons.
- Voilà, je suis sûre que cela vous fera du bien. Vous pouvez manger, non ?
- Oui ! Bien sur. Merci beaucoup. Rien ne s’oppose à cela. Mais les plats de cette clinique sont si...
Elle fait la grimace sous les yeux amusés de la fermière.
- Ça, ça devrait plus vous plaire.
- Mais ? Pourquoi m’aidez-vous ?
- Je veux savoir. Ces arbrisseaux, rien ne les avait jamais tués, même pas les pires pesticides et puis … quelque chose m’y pousse. Le tout reste de vous faire sortir d’ici. On vous mènera aux bosquets. Mais ensuite, il faudra vous débrouiller seule.
C’est court mais Maureen semble s’en contenter. Et quelques mots de remerciements plus tard, elle reprend sur un ton volontaire.
- Partez devant, Mégane. Séparées, nous passerons plus facilement inaperçues.
- Quoi ? Vous pouvez partir ?
- Non ! Mais comme vous, quelque chose me pousse à retourner voir là-bas.
- A plus tard, alors.
Restée seule, Maureen achève ses préparatifs. Puis elle s’engage subrepticement dans le couloir. La pluie martèle toujours les toits. Elle est au dernier étage. Les lumières vacillent, donnant une impression de faiblesse à cet imposant bâtiment.
Elle avance encore. Un panneau ouvert ? Voilà qui n’est pas courant.
- Surtout en face de tableaux électriques. Qui a bien pu laisser cette porte ouverte ? Ce n’est pas très prudent.
Elle avance la main pour la refermer et à ce moment, un bruit terrible se fait entendre. Immédiatement, la pénombre s’empare de l’hôpital. Ne sachant que faire, Maureen s’éloigne vers les escaliers.
- Mais qu’est-ce que je fais là, moi ? Ils vont dire que c’est ma f…
Elle recule juste au moment où d’autres déboulent en trombe. Ils passent devant elle sans la voir. Elle se dissimule de son mieux dans le creux de la première porte venue. Pour le moment, plus personne ne pense à elle, la touriste intrigante.
Plusieurs groupes électrogènes s’enclenchent, emplissant l’hôpital d’une lumière blafarde mais amplement suffisante pour permettre à ceux qui viennent de la dépasser de réparer.
- Mais ne reste pas là, idiote ! Tout rentrera vite dans l’ordre. Tu attends quoi ? Que les infirmières fassent le tour des chambres et arrivent à la tienne ?
Jetant un coup d’œil rapide à l’équipe en plein travail, elle se déplace vers la double porte ouvrant sur les escaliers. Elle attrape le battant le plus proche et le tire avec une extrême lenteur vers elle, sans bruit. Elle ne quitte pas un instant les ouvriers du regard. Ils sont tous si absorbés par leur tâche. Elle progresse encore, à pas de puces, retenant sa respiration. En ce moment, l’ombre est son alliée la plus précieuse. Elle la cache mais elle devrait quand même songer à accélérer. Un bruit. La porte bouge. Soudain, Maureen se recroqueville en un réflexe heureux. Une femme surgit en courant en haut des marches, poussant brutalement le second battant. Elle rejoint ensuite le groupe, monopolisant, par son arrivée, l’attention de tous. De son côté, Maureen saisit cette occasion au vol et se faufile de l’autre côté de la porte. L’escalier n’est pas bien grand et elle atteint vite le rez-de-chaussée. Pourtant son cœur bat encore à tout rompre. Elle croise plusieurs portes closes, craignant toujours d’en voir une s’ouvrir. Encore une et …
La sortie, enfin. Elle passe juste derrière l’accueil où l’une des infirmières tente de rassurer une mère un peu trop inquiète. Elle franchit enfin le seuil et reçoit aussitôt le salut glacé de la pluie. Quant au vent qui aurait dû la frapper au visage, il baisse d’intensité, ne la bousculant que très légèrement.
Elle avance d’abord lentement dans le noir jusqu’au coin de la rue. Puis son pas s’accélère et s’emballe. Elle poursuit ainsi d’une traite sur deux ou trois rues successives. Soudain, elle tourne et atterrit dans un cul de sac, encombré de caisses vides. Passablement sale, il est aussi engageant qu’un cimetière la nuit. Serrant le porte-clé dans sa main, elle retient son souffle.
Soudain, des phares s’allument, transperçant la froide noirceur, éblouissant cruellement Maureen au passage. Une portière claque et une silhouette assez massive en descend … Un seul mot lui échappe en reconnaissant le chauffeur.
- Vous ?
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Quelque part, au même moment, bien plus au nord, un homme se tient debout en face d’une assemblée de roches levées. Ce n’est encore que le printemps et il ne pourra rien faire pour la porte avant
des semaines.
Quelqu’un approche. Les plantains se courbent, bruissant gaiement à son approche. Mais le regard du nouveau venu est si triste lorsqu’il tend une branche d’if au grand gaillard.
- Quand est-ce arrivé ?
- Aujourd’hui même mais elle ne m’a rien dit avant de partir.
L’homme examine avec soins le bois encore vert. Les aiguilles sont vives.
- On peut la replanter mais il va falloir faire vite.
- Vous êtes sûr ?
Il lui répond d’un mouvement de tête. La joie et le soulagement se peignent un instant sur le visage joufflu du nouveau venu mais la question suivante vient y mettre un terme prématuré.
- Qui l’a tirée vers la surface ?
- Difficile à dire. J’ai préféré d’abord m’occuper d’elle, des seules branches encore vivantes.
- Et tu as bien fait. Je vais me charger des soins. Mais, on ne peut en rester là. Retourne là-bas. Retrouve le plus vite possible le ou la responsable. Il ou elle risque de nous recroiser à tout moment ou d’en appeler d’autres.
- Mais ?
Il tâte l’écorce, en scrute encore la surface avec minutie. La sève vive s’écoule toujours sous la peau fibreuse. Si seulement, sa douce compagne, son seul amour était toujours auprès de lui. Elle aurait pu remettre l’if en contact avec le sol, sans perdre une seule seconde. Mais ils ne pourront pas se voir avant si longtemps.
Chassant ces tristes pensées, il se retourne vers le jeune garçon qui attend sans un mot. Autour d’eux, les plantains poussent d’autres branches couronnées d’aiguilles vers eux.
Les acheminer ainsi. Ce gamin n’est jamais à court de ressources. Mais il faut agir. On ne peut laisser les choses aller ainsi.
Ce court moment de réflexion achevé, le gardien se retourne vers son jeune ami.
- Elle ne serait jamais sortie toute seule, Plantago. Tu comprends. Nous devons le ou la retrouver. Cela peut devenir très dangereux. Qui sait comment ils vont réagir après une si longue séparation ?
Ceci dit, les deux hommes se quittent. L’if a disparu mais ce n’est qu’une des leurs parmi toutes les autres.
Plantago se remet en route aussitôt. Il aurait bien aimé rester un peu plus auprès des roches. Mais ce n’est malheureusement pas le moment. Enfin, il est au moins soulagé. Son amie va survivre mais il lui faut retourner au plus vite sur les lieux. Avec de la chance, cette personne reviendra près des anciens bosquets. Et si, par chance, cela se produit, il essaiera de l’appeler. Mais l’écoutera-t-elle seulement ?
A suivre …
Le temps s’écoule long et paisible, veillant sur le sommeil si profond de Maureen. Tant et si bien que la jeune accidentée se réveille sous la lumière déclinante d’un soleil mourant.
Ses yeux s’ouvrent sur la fenêtre. Le store est relevé. Et elle reste en arrêt face à ce qui se présente à elle, un paysage baigné sous les ultimes rayons du couchant, se laissant simplement bercer par la magie de cet instant unique, suspendu entre la fin du jour et le début de la nuit.
Puis, elle lève la tête vers le plafond. Pâle, terne et surtout très haut, il lui offre en plus de sa tristesse aseptisée, une enivrante sensation d’espace et de liberté. Qu’il est loin l’oppressant cocon de verdure de la veille ! Envolé ! Effacé !
Un soupir de réconfort puis de joie lui échappe lorsque son regard vert tombe sur l’interrupteur. Elle s’attarde sur ce simple carré. Cette petite plaque insignifiante qui n’attend qu’une seule chose dans son coin, son ordre pour inonder d’une lumière crue cette chambre, maintenant, envahie par l’obscurité.
Se sentant étrangement bien, malgré tout ce qui a pu lui arriver la nuit précédente, l’accident ne trouvant toujours aucun écho en elle, elle se redresse en un bond sur le lit. Le drap blanc s’envole d’un geste brusque et finit sa course en s’étalant, telle une longue traîne, au pied du lit. Ensuite, sa main lavée de frais vient masser le cuivre frisottant de sa chevelure. Puis, elle inspecte, sans précipitation aucune, ses longs doigts effilés et sa paume, meurtris encore la veille.
- La civilisation, j’ai donc bien été secourue et ramenée à la civilisation.
Elle s’apprêtait à réveiller les lampes lorsque son attention est attirée vers le couloir. Et suspendant aussitôt son geste, elle tend l’oreille vers l’inconnu. Non, l’intérieur du bâtiment, tout simplement, elle n’est pas peureuse à ce point-là ! Quelques minutes plus tard et il lui semble reconnaître le timbre rieur de Mégane, noyé au milieu d’autres voix féminines.
Elle ne rêve donc pas. Il y a de la vie autour d’elle. La civilisation, rien de comparable avec ce qui flottait autour d’elle sous le ciel nocturne. Elle doit encore être perturbée car elle a du mal à mettre un nom précis sur ce qu’elle ressent. Elle devrait être rassurée de se savoir, ici, dans une chambre d’hôpital tout ce qu’il y a de plus classique et, pourtant, elle n’arrive pas à se débarrasser de ce malaise qui revient encore et encore, comme s’il la poursuivait depuis le crash.
Elle revoit un moment les branches des ifs, s’arquant au-dessus d’elle en un dôme protecteur. Peut-être était-ce un tour de son imagination, mais, à un certain moment, elle avait vraiment cru les voir se pencher avec tant de lenteur, de douceur vers elle. Puis cette image s’évanouit, fugitive, lorsqu’un cri de surprise vient transpercer la quiétude générale. Maureen sursaute en comprenant que c’est d’elle que ces femmes parlent. Elles discutent si fort alors qu’elles sont dans un hôpital.
La rousse court se cacher derrière la porte entrebâillée. Ces dames approchent. Elles sont maintenant juste devant la chambre faisant face à celle de sa voisine. Des brides de conversations lui parviennent enfin distinctement mais le débit est si rapide qu’il lui faut un certain temps avant d’en saisir le sens.
- Tu sais, ils n’ont rien retrouvé à part l’épave de la voiture et cette touriste…
Elle indique la porte derrière laquelle s’est postée Maureen. Le ton lourd de sa voix déplaît fortement à cette dernière. Ses sourcils se hérissent lorsque la deuxième rapporteuse coupe sèchement sa compagne.
- Non ! Ce n’est pas possible, cette histoire ! Jette un œil là-dessus. C’est mon homme, il a juste eu le temps de me les glisser.
La commère, Maureen ne peut la nommer autrement, personne n’ayant pris la peine de venir voir si elle était éveillée avant de se mettre à délirer sur son compte, se penche sur ce qui ne peut vraisemblablement être que des clichés de sa défunte voiture. Voyant cela, l’accidentée se retourne, s’accordant un bref instant de réflexion. Rassemblant ce qu’elle a de souvenirs, elle tente de se remémorer les choses telles qu’elles lui sont apparues. La voiture, sa voiture réduite à une demie crêpe. L’autre chauffard qui a bien failli la tuer. Puis l’arrivée de Scott et sa femme Mégane. Mégane, la fermière assise près d’elle. Elle comptait appeler la police. Ils seraient donc déjà allés voir sur place ? Ou bien d’autres ?
Prenant une multitude de précaution, elle s’accole de nouveau au panneau de bois blanc. Les interrompre est bien la dernière chose qu’elle souhaiterait faire. Cette conversation sera peut-être l’unique occasion qu’elle aura d’écouter des paroles franches sur cette histoire, son histoire. Peut-être ou plutôt sans doute songe-t-elle alors qu’une lueur malicieuse traverse son regard.
- Et elle était là-dedans ?
S’écrie la brune, portant la photo juste devant son nez avant de continuer sur le même ton incrédule.
- Non ! Ce n’est pas possible ! Tu as bien vu l’état de cette carcasse ! Tout l’avant est aplati ! Et …
Elles s’interrompent sans crier gare. Tout d’abord, Maureen a cru s’être trahie mais il n’en est rien. En fait, c’est tout autre chose. L’une des infirmières est simplement venue mettre un terme à cette discussion beaucoup trop bruyante, vu les lieux.
Et avant de refermer la porte le plus discrètement possible, la touriste rousse jette un tout dernier coup d’œil aux deux cancanières et les voit partir vers l’autre bout du couloir. Dommage, elle ne saura rien de plus. Mais il n’est guère temps de traîner. Cette nouvelle arrivante, en uniforme blanc, risque d’entrer d’un instant à l’autre. Aussi, Maureen s’empresse de retourner vers le lit et de s’y allonger. Elle en est encore à ramener le drap sur elle lorsque la porte grince.
Une lumière vive emplit la pièce, chassant les ténèbres bienveillantes de la nuit.
- Bonjour, mademoiselle …
Le ton est neutre mais il dérange Maureen. A moins que ce ne soit la mauvaise impression que lui ont laissé les deux autres qui la perturbent encore. S’efforçant de suivre le flot de ses paroles tout en répondant le plus amicalement possible, elle finit, malgré tout, par perdre le fil. Ce que la blonde infirmière ne semble pas trop mal prendre. Après tout, cette jeune femme a été victime d’un effroyable accident.
Enfin, elle a quand même appris quelque chose, elle n’a rien de grave en dépit de la violence du choc. Juste quelques coups, des ecchymoses et des écorchures mais rien qui ne mette sa vie en danger.
Il en a toujours été ainsi, depuis des lustres. Les pires tuiles se sont abattues sur elle mais sans jamais la blesser gravement. Elle ne se rappelle même plus la première de ses mésaventures tant la liste en est longue. En tout cas, jusqu’ici, elle s’en est toujours sortie plus ou moins indemne.
Son examen terminé, l’infirmière s’en retourne.
Libérée du poids de son regard, Maureen se dirige vers la grande fenêtre, cherchant ce dont elle a le plus besoin, pour l’instant, le calme et la tranquillité.
Le calme enfin. Calme ? Mais qu’arrive-t-il encore ?
Alertée, sans trop savoir pourquoi, Maureen s’éloigne de la vitre. Dans le silence qui régnait d’abord en maître sur le jardin endormi, la nature s’est soudain mise à chanter.
Ça a commencé par une berceuse. Le refrain des gouttes qui tombent avec légèreté sur la paroi transparente avant de glisser avec délicatesse sur la pierre froide et bleue soulignant d’un trait dur la haute fenêtre. Puis, sans aucune transition, la fine pluie s’est muée en une averse furieuse. Les nuages déversant avec rage leurs charges glaciales sur les toits et les parcs. Lesquels leur résistèrent sans peine. Ce qui ne sembla que faire redoubler la colère des éléments.
- Eh ! Bien ! Une chance qu’on vous a repêchée à temps.
Elle était encore plongée dans ses pensées, ses yeux rivés sur cette lutte étrange, au moment où cette voix si désagréablement criarde se fit entendre.
Un instant, la rousse craint d’avoir une attaque mais elle se ressaisit très vite.
Elle est entrée sans que je ne m’en rende compte ! Plutôt surprenant pour quelqu’un d’aussi bruyant !
En fait, elle est plutôt ravie de retrouver cette fermière joviale. Elle lui sourit spontanément et l’autre lui répond de la même manière. Maureen s’apprêtait à lui parler mais elle s’arrête en voyant le visage hâlé de l’autre changer.
- Qu’est-ce qui… ?
Elle a à peine balbutié ces mots que la fermière lui répond.
- En fait, je pensais d’abord vous parler de vous mais…
- Il y a un problème ?
S’enquiert la jeune femme.
- Et de taille ! Le véhicule ! Enfin votre voiture ! Hier, vous nous aviez dit qu’elle était presque réduite à…
La bonne femme, pourtant bavarde, hésite, augmentant encore d’un cran l’inquiétude de Maureen. Puisque durant leur court voyage, dont étrangement sa mémoire n’a pas égaré une miette, cette dernière a eu tout le temps de la cerner. Elle décide de l’aider à achever. Après tout, pour le moment, elle reste encore la mieux renseignée sur toute cette affaire.
- A une demie crêpe ! Je sais, Mégane mais …
Elle s’interrompt en la voyant blanchir.
- Non ! Maintenant, c’est presque une crêpe rouillée tout court ! En plus, un abruti est rentré dedans, Maureen. Au début, il a cru avoir heurté un vieux débris, une sorte de dépôt sauvage mais ensuite…
- Ensuite …
Elle traîne. Peut-être veut-elle faire durer le plaisir ? Mais le regard courroucé, à tord ou à raison, de son interlocutrice la pousse à achever.
- Ben, ça devient fou, il a dérapé et atterri au milieu d’un bosquet d’arbustes. Celui des ifs. Et puis, il avait un portable. Et il a appelé les secours. Et le temps qu’ils arrivent, il s’est passé quelque chose de pas normal…
Ce qui n’a pas l’air de surprendre Maureen. Au moins, elle n’est plus la seule à qui il arrive des trucs pas banals. Mégane, croyant que la jeune femme voulait ajouter quelque chose, allait se taire mais Maureen lui fait comprendre qu’il n’en est rien et qu’elle désire entendre la suite.
- Les branches ont toutes péri sans qu’il n’y comprenne rien.
- Quoi ? Mais elles étaient si fortes. Leurs feuillages étaient tellement denses que je ne voyais rien au travers de la masse des aiguilles.
- Ah ça ! Vous en aviez plein de ces saletés dans les cheveux et sur vos loques ! Une chance que vous n’en aillez pas avalé une seule. Ou pire.
Elle marque un arrêt avant de terminer sur un ton plus bas. Un peu comme si elle devait, elle aussi, se convaincre de la réalité de ses propos.
- Et pourtant, il n’en reste rien de ces vieilles plantes. Maintenant, elles sont toutes réduites à une sorte de bois sec rongé de vermines.
Un court silence suit la dernière phrase de Mégane jusqu’à ce que la fermière se mette à crier.
- Eh ! Vous faites quoi là !
- Je me lève. Je n’ai rien de grave alors je ne vais pas passer ma vie ici.
- Mais ? Vous n’allez quand même pas aller là-bas ?
Elle ne répond pas. Mais la grande brune ne déclare pas forfait pour autant. Elle repart à la charge, prête à user d’arguments un peu plus percutants pour se faire entendre. Après tout, cette petite a drôlement bien récupéré depuis hier.
- Voyons. Où sont-ils donc passés ?
La fermière lui prend le bras alors qu’elle saisit la poignée de la commode.
- Vos vêtements étaient aussi beaux que ceux de Grégor alors ....
- Grégor ?
Demanda Maureen. Elle allait lui demander s’il s’agissait de son fils mais le débit de paroles de cette femme bat des records.
- L’épouvantail. Mireille, notre petite dernière l’a appelé ainsi.
Eh bien ! C’est très agréable à entendre ! Etre comparée à une sorte d’affreux mannequin délabré ! Que demander de mieux ! Si au moins, elle l’avait associée à ceux des défilés mais il ne faut pas trop en demander.
- Tenez, je vous ai apporté ça.
La serre de Nulle Part
L’origine de cette histoire n’est qu’une question de point de vue, de repère. Les conteurs vous diront qu’elle est ancienne. En fait, elle est bien plus que cela. La source, la véritable d’où tout a jailli se perd dans la nuit des temps. C’était à l’époque où les êtres de légendes côtoyaient encore le monde des vivants. C’était bien avant que l’homme ne se redresse, se civilise et finalement, conquiert la planète.
Face à l’avancée, parfois chaotique mais bien réelle, de la science et à la suprématie de cette espèce belliqueuse, dénuée de tout scrupule, la plupart des légendaires se réfugièrent dans l’invisible, se repliant pour toujours à l’abri d’un univers impalpable.
Quant à ceux qui préférèrent rester, ils se fondirent avec le sol, les forêts ou les sources, vivant éternellement en harmonie avec les saisons, au rythme des accords des vents. Et ce jusqu’à nos jours…
Aussi lorsque la paix règne en des lieux isolés, leurs chants de vie, souffles légers et chaleureux, viennent faire ployer l’émeraude de l’herbe et danser la soie des corolles. Touchant de leurs chœurs à peine murmurés les rares sens encore en éveil des humains, ils essaient de leur parler. Mais entendre et écouter sont deux choses différentes. Et sous la caresse de la lune ou la force vivifiante du soleil, ils se languissent encore d’avoir enfin une réponse…
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Quelque part en Europe septentrionale, en ce qui aurait dû être un matin comme les autres, une jeune femme se réveille sur le bord d’une route isolée. Pour être plus exact, elle est allongée de l’autre côté d’une rambarde défoncée, à l’ombre d’une épaisse haie d’ifs et de genévriers.
Il lui faut du temps pour recouvrer ses esprits. Sa vision est encore si trouble dans la solitude de cette nuit d’encre qu’elle ose à peine remuer un cil. Est-elle vraiment seule sous les branches odoriférantes ? C’est ce qu’elle pense. Pourtant quelque chose flotte dans l’air. Un vent, non une présence, un relent de vie. Comment dire, c’est presque palpable alors que, visiblement, personne ne se trouve ici. Elle a déjà appelé, à s’en blesser la gorge, mais aucune voix n’a réagi à ses cris. Rien. Même pas le moindre bruit ou le plus petit bourdonnement d’insecte pour percer cet étouffant silence.
Elle reste ainsi, un long moment, immobile, hébétée, sans la moindre réaction. Puis enfin, elle entend quelque chose, des coups sourds et répétés en rythme, quelque peu perturbé. Elle lève la tête sous la voûte verte, opaque et si sombre. A croire que l’imposante masse cotonneuse s’amuse à lui dissimuler, cruellement, un ciel déjà si couvert. Soudain, elle comprend. Ces battements sourds sous ses tempes, ce sont ceux de son cœur qui cogne dans sa poitrine. Un sourire se dessine alors sur le fin visage maculé de terre collante. Grâce à ce chant monotone et au froid qu’elle commence à ressentir, elle sait au moins qu’elle est encore en vie. Elle réagit enfin et, s’arrachant lentement aux lourdes senteurs des conifères, elle se tourne sur le côté, se soulevant sur son avant bras gauche. Une main souillée vient ensuite frotter la peau fragile de ses paupières ombrées alors qu’enfin sa vision fait mine de s’accoutumer aux ténèbres ambiantes.
Puis, rampant sous le manteau piquant, Maureen atteint le bord envahi d’herbes, saupoudrées de rosée, et de plantains avec une pointe de pâquerettes. Petites fleurs modestes, refermées pour la nuit, enfin, une agréable touche de blanc et de jaune venant égayer par touches légères ce riche tableau de nature crépusculaire. Par chance, les orties semblent avoir manqué le rendez-vous. Quel dommage que les très fines branches de ronces n’aient pas suivi leur exemple !
Enfin, ses efforts sont payants et elle arrive à se dépêtrer de son étroit cocon de verdure. Elle interroge alors du regard le paysage lui faisant face. La route, ondulant entre les jachères, est effectivement déserte. Mais la jeune femme est-elle toujours sur le triste chemin de vieil asphalte craquelé qu’elle a gardé en souvenir avant de sombrer puis de se retrouver seule dans ce charmant petit coin de campagne ?
Elle tâte le sol, se demandant si elle n’est pas encore perdue en plein songe. Il est souple, tout brillant d’humidité. Pareil à celui qu’elle a laissé, une minute avant, quelques mètres en arrière. Secouant sa courte chevelure rousse, constellée d’aiguilles bicolores, elle regarde droit devant elle. Le ciel bas, oublié par la lune, lui apparaît si sombre, à peine éclairé par de rares et tristes étoiles brillant sur un fond bleu intense. Lourd, proche, mais pas effrayant. Juste un ciel nocturne, encombré de nuages dissimulant avec jalousie le ballet des étoiles. Si seulement le vent était de son côté. Mais Maureen ne se leurre pas. Elle sait très bien qu’elle ne peut que compter sur elle-même pour se tirer d’affaire.
Agrippant la froide barrière d’un blanc douteux, elle se dresse péniblement sur ses deux jambes. Elle essaie bien de se nettoyer mais renonce vite. Son jeans et le reste de ses vêtements sont aussi beaux qu’elle-même. Déchirés et parsemés de tâches multicolores. Quant à ses pieds, ils sont trempés sous l’épais tissu de ses bottillons. Et elle frissonne en enjambant la piteuse barrière avant d’atterrir sans trop de mal sur le macadam négligé.
- Mais qu’est-ce que je fais ici ?
Elle sursaute au son rocailleux de sa propre voix. La soif et le froid sans doute. La petite rousse, à peine 1 mètre 60, avance avec lenteur sur le large chemin gris, piqueté de terre moussue, avec, jetés de-ci de-là, quelques plantains, encore eux, qui étalent avec fierté leurs longues feuilles lancéolées vers le ciel, comme autant de défi à l’homme et à son illusoire supériorité. Et voilà que Maureen se surprend à converser seule, égarée au milieu de nulle part.
- Et je suis où d’abord ?
Elle retourne toutes ses poches. Mais elles sont aussi vides que les environs. Puis, se traitant au passage d’idiote, elle passe la main dans son chemisier, dégageant enfin sa lampe de poche. Un clic plus tard et un autre faisceau vient concurrencer et vaincre sans l’ombre d’une difficulté les trop timides étoiles.
- Ouf, c’est mieux ainsi. Mais je ne suis pas plus avancée ! Quel bled ! Et même pas un seul panneau !
Son rapide état des lieux terminé, il ne lui faut pas plus de quelques secondes pour comprendre qu’elle est vraiment perdue, elle décide d’avancer. Aller de l’avant, marcher. De toute façon, seule et sans son précieux téléphone, le top de la modernité, elle ne peut rien faire d’autre que progresser. Cette route doit bien aboutir quelque part.
Un temps, qui lui semble une éternité, plus tard et elle tombe sur quelque chose d’encore plus fou que tout le reste. Cette fois, elle se pince pour se convaincre de ce que ses yeux lui montrent.
- Non ! Moi qui croyais en avoir déjà vu de belles ! Là, j’ai dû battre tous les records !
Dardant son faisceau sur l’objet, plutôt gros, qui lui fait face, elle l’inspecte d’abord du regard. Un cri de surprise lui échappe lorsqu’elle tombe sur la plaque minéralogique arrière de l’épave. Elle court vers ce simple rectangle aux lettres et chiffres peints. Sa main aux ongles brisés se pose, après quelques hésitations, sur les signes en relief. Elle les parcourt avec lenteur, presque amour, puis relit le message. Cette simple surface marquée suffit à lui faire apprécier tous les désagréments qu’elle vient de subir. Même la douleur et l’inconfort de sa situation se sont évaporés, devançant la fine rosée brillant sous le soleil illusoire de l’unique lampadaire bancal du coin. Malheureux oublié qui s’échine à embellir la nuit.
- Je suis vivante ! Moi ! Vivante ! Alors que ma voiture se trouve dans cet état de …
Elle ne trouve même pas de mot assez juste pour décrire la pauvre carcasse raplatie. Toute la partie avant, de l’extrémité des phares au bord des coussins intacts de la banquette arrière, est écrasée. Une simple crêpe d’épaisseur et de matière surprenantes mais elle ne trouve rien de mieux pour décrire l’avant du véhicule. Quant au reste de la carcasse, la carrosserie est juste rouillée sur les premiers centimètres suivant l’amas de tôle et de verre, puis singulièrement intacte jusqu’au pare-choc arrière.
Maureen tourne encore une fois autour de l’épave, se demandant comment elle a pu survivre à un pareil impact. Son ultime examen achevé, elle quitte les lieux. De toute façon, il ne reste rien de ses affaires. Demeurer sur place ne l’avancera pas plus.
Elle a à peine fait quelques pas qu’un bref éclair répond à sa torche. Elle court jusqu’à son origine. Pas loin, quelques enjambées suffisent. Elle s’accroupit pour ramasser la chose. Ses clés. Ce sont ses clés. Plus de dix mètres en avant de ce qu’il reste de sa voiture.
- Je n’ai pas le temps. Avance, pauvre idiote. Rester ainsi ne te servira à rien.
Décidant de conserver le contact désormais sans objet et le porte-clé assorti, elle s’éloigne aussi vite que ses pieds endoloris le lui permettent. Cette clé sera son porte bonheur. Même si elle est tout l’opposé d’une superstitieuse, cet accident aurait dû, en toute logique, la faucher. N’importe qui en arriverait à la même conclusion. Ejectée ? Elle s’interroge encore sur cette possibilité alors que ses jambes la portent de plus en plus difficilement.
Le jour se lève. La route serpente entre les plantes sauvages, gigantesques, triomphantes sous leurs somptueuses parures de perles. Maureen s’épuise. Elle s’installe sur le côté lorsqu’une voiture déboule à pleine vitesse. Encore un peu plus et elle était sous les roues ! Un instant pour se retourner et le chauffard a disparu derrière les murailles vivantes. Des gouttes viennent glisser le long de ses joues égratignées alors que les tiges se baissent. Est-ce le vent qui les fait ployer ainsi ? Elle ne se le demande même pas. Ses yeux la brûlent, trop lourds de larmes retenues, et elle est encore bien trop secouée pour se poser de telles questions. En fait, elle ne voit juste qu’une chose, la marche sera un peu moins périlleuse. Et séchant ses pleurs, elle continue, le porte-clé brillant d’un éclat métallique à son cou.
Puis un bruit de moteur, enfin. Prudente, elle fait de grands gestes vers le modeste véhicule, un simple tacot sans prétention mais impeccablement entretenu. Le véhicule ralentit et s’immobilise à quelques pas de la jeune femme.
Au volant, Scott s’arrête sans l’ombre d’une hésitation. Un moment, sa femme et lui ont cru rêver, voir un épouvantail déambuler parmi les herbes folles, mais cette fille est bien réelle. Elle tremble comme les branches des saules. Le moteur arrêté, il sort aussitôt alors que sa ronde compagne ménage une large place à l’arrière. Arrivé à hauteur de cette femme hagarde, il la recouvre de sa veste. Le fermier l’aide ensuite à grimper auprès de son épouse avant de refermer la portière.
- Vous…
Elle sursaute au ton grave de cette voix. Sans le vouloir, il l’a effrayée. Le brun regard, lourd de reproches, que lui lance, rétroviseur interposé, sa tendre moitié l’incite à la laisser prendre le relais. Il jette un dernier regard à cette pauvre fille. Elle est vraiment dans un sale état. Sa voisine attend encore un moment qu’elle se soit un peu remise avant d’attaquer.
- N’ayez pas peur. On va s’occuper de vous. Vous avez eu un accident ?
D’abord hésitante, la voix de la jeune femme se fait vite plus ferme.
- Oui ! Mais je ne me souviens de rien. Ma voiture est là-bas.
- On ira voir avec la police mais d’abord le mieux est de vous emmener voir un docteur.
Semblant se reprendre, Maureen regarde ce couple. D’abord la femme brune et joviale qui s’est installée près d’elle puis l’homme qui fait demi-tour avant de rebrousser chemin vers la ville la plus proche.
- Moi, c’est Mégane et lui, c’est mon mari, Scott. Et vous ? Vous avez bien un nom ?
- Maureen … Maureen Lavernie.
Lui répond-elle avec une étrange ironie dans la voix. Lavernie, c’est sans doute la toute première fois que ce nom lui correspond. Enfin rassurée, elle glisse dans une sorte d’état second répondant machinalement aux questions du couple. Et ce n’est que lorsque la silhouette blanche d’une grosse bâtisse apparaît entre plusieurs maisons, qui lui paraissent étrangement grises, qu’elle sombre, ses yeux s’arrêtant sur la clé rouillée, non ternie….
Un dernier son, une énième interrogation de Mégane trouve un écho dans sa tête. Un refrain entêtant qui la suit sans arrêt jusqu’à ce qu’elle perdre pied.
Qu’ai-je heurté ? Mais qu’ai-je donc heurté ? Pense-t-elle alors que la nuit silencieuse se referme sur elle sans qu’elle ne puisse résister….
Deux verseaux, une petite illustration pour répondre à un défi ...
A plus tard
Voici l'une de mes dernières illustrations. Un dessin aux crayons de couleurs de Séléné.
De nombreuses autres viendront la rejoindre dans l'album des terres des Ténèbres ou terres des dix cristaux.
A plus tard...
Bonjour
Voici un autre dessin aux crayons de couleurs.
Une porte féérique s'ouvrant sur des mondes imaginaires ou fantastiques.
Ce dessin a servi pour illustrer le numéro de décembre 2007 de la revue "La Plume noire" aux Editions La Plume noire
Halloween est une période magique à bien des niveaux. Voici, l'histoire d'Eilen, une jeune femme comme tant d'autres ...
L'une de mes toutes premières nouvelles...
Elle a été publiée sur le site d'Oniris (le 1 novembre 2007) ainsi que dans la revue La Plume Noire, numéro 12, mai 2008 aux éditions "La Plume noire"
Reviens à la même heure dans un an ...
L'hiver approche, la nuit tombe de plus en plus vite et, alors que nos trois héros les avaient presque oubliées, les poupées
réapparaissent.
Voici la suite et fin de cette ténébreuse affaire ...
Les poupées de la sorcière des marais
(suite)
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